L’ADF rappelle l’importance, pour les chirurgiens-dentistes en début de carrière, de mettre en place une prévoyance solide dès les premières étapes de l’exercice libéral.

Démarches clés avant installation :

  • Inscription au Conseil de l’Ordre pour obtenir le numéro RPPS et la CPS.
  • Affiliation à la CPAM pour bénéficier de l’assurance maladie/maternité.
  • Inscription à la CARCDSF, caisse de retraite et de prévoyance des dentistes.
  • Immatriculation au CFE pour recevoir un numéro SIRET.
  • Souscription obligatoire à une assurance responsabilité civile professionnelle (RCP).

Ces démarches doivent être réalisées dans les 30 jours suivant le début d’activité.

Pourquoi prévoir plus ?
Les garanties de base (CPAM, CARCDSF, URSSAF) sont souvent insuffisantes en cas d’arrêt de travail, d’invalidité ou d’accident. Une couverture complémentaire est fortement conseillée pour maintenir un niveau de vie et assurer la pérennité de l’activité.

Anticiper sa protection sociale, c’est sécuriser sa carrière sur le long terme.

Les tendinopathies, communément appelées tendinites, sont des troubles musculo-squelettiques fréquents chez les chirurgiens-dentistes, souvent considérées comme une maladie professionnelle en raison des gestes répétitifs et des postures contraignantes adoptées au quotidien. Elles touchent principalement les épaules et peuvent entraîner des douleurs significatives, gênant les mouvements quotidiens.

Diagnostic :
Ces pathologies résultent principalement d’une hypersollicitation mécanique. Un diagnostic précoce, établi par radiographie et échographie, est essentiel pour mettre en place une rééducation fonctionnelle adaptée. Une tendinite installée nécessite généralement au moins six mois de soins avec un professionnel expérimenté, suivi d’un entretien régulier et d’exercices adaptés pour prévenir les récidives.

Prévention :

  • Aménagement du poste de travail : Ajuster le bureau et le fauteuil en montant le siège opérateur et en descendant le patient afin que les épaules restent détendues.
  • Pauses régulières : Intégrer de courtes pauses pour relâcher le cou, les épaules et les mains.
  • Variation des positions : Alterner entre positions assises et debout pour éviter les blocages musculaires.
  • Activité physique : Pratiquer régulièrement des exercices doux comme la gymnastique ou la natation.

Facteurs aggravants :

  • Tabagisme : Les tendinopathies sont plus fréquentes et plus longues à traiter chez les fumeurs, car les tendons, naturellement peu vascularisés, sont davantage fragilisés par la consommation de tabac.
  • Problèmes dentaires : Les inflammations dentaires peuvent également accentuer les tendinopathies en raison des substances libérées dans le corps.

Il est crucial d’adopter de bonnes habitudes dès le début de la carrière pour prévenir ces troubles. En effet, les gestes répétitifs effectués par les chirurgiens-dentistes peuvent entraîner des tendinopathies, parfois même dès la formation initiale. Une thèse de 2020 a mis en évidence que ces pathologies peuvent se développer pendant les études, soulignant l’importance de la prévention précoce.

Le 8 mars, à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, Les CDF ont dénoncé une inégalité persistante : les femmes chirurgiens-dentistes ne bénéficient toujours pas de l’Avantage Supplémentaire Maternité (ASM), réservé aux seuls médecins libéraux.

Cet ASM, créé en 2017, permet aux médecins de percevoir un revenu complémentaire (entre 1 488 € et 3 100 €) dès le mois suivant le début de l’arrêt de travail, pour une durée maximale de trois mois, afin de couvrir les charges fixes du cabinet lors d’un congé maternité ou paternité. À l’inverse, les chirurgiens-dentistes doivent se contenter d’indemnités journalières jugées très insuffisantes, et accessibles uniquement après un arrêt d’au moins huit semaines. Cela place les praticiennes enceintes devant un dilemme : continuer à exercer malgré la grossesse pour assumer les charges, ou subir de lourdes pertes financières si un arrêt est médicalement nécessaire.

Les CDF, avec d’autres syndicats comme la FSDL et l’Union Dentaire, réclament depuis des années l’extension de cette aide aux chirurgiens-dentistes. Un amendement dans le PLFSS 2024 prévoyait cette extension à d’autres professionnels de santé, mais il a été supprimé lors des débats parlementaires. Les CDF espèrent qu’il sera réintroduit dans le PLFSS 2025 pour permettre une négociation conventionnelle en faveur d’une meilleure équité et d’une attractivité renforcée de l’exercice libéral.

L’AVAT (Assurance Volontaire Accident du Travail) est une protection facultative destinée aux travailleurs indépendants, notamment les médecins libéraux. Contrairement aux salariés, ils ne bénéficient pas automatiquement d’une couverture spécifique en cas d’accident survenu dans le cadre de leur activité professionnelle ou de maladie professionnelle.

Affiliation : la souscription se fait en remplissant un formulaire CERFA à adresser à la CPAM. L’affiliation n’est pas rétroactive, elle prend effet à la date de réception du dossier complet.

Coût : le calcul repose sur un revenu annuel fictif que le médecin choisit librement entre deux seuils (18 631 € et 41 136 € en 2024). Le taux de cotisation est d’environ 1 %, soit une cotisation annuelle allant de 186 € à 411 €.

Prestations couvertes :

  • En nature : remboursement des soins (consultations, hospitalisation, médicaments, rééducation, appareillage, etc.) liés à l’accident ou la maladie professionnelle.
  • En espèces :
    • Si l’Incapacité Permanente Partielle (IPP) est inférieure à 10 %, une indemnité en capital est versée.
    • Si l’IPP est égale ou supérieure à 10 %, une rente viagère est attribuée.
    • En cas de décès, une rente peut être versée aux ayants droit (conjoint, enfants).

Limites de l’AVAT : cette assurance ne prévoit pas d’indemnités journalières. Le médecin ne perçoit donc aucune compensation financière pendant son arrêt de travail temporaire.

En l’absence de souscription à l’AVAT, un accident survenant dans le cadre de l’activité professionnelle peut ne pas être reconnu comme tel par la CPAM, avec pour conséquence un refus de prise en charge spécifique et un reste à charge important pour le praticien.

Cette assurance mérite d’être envisagée sérieusement, notamment par les médecins exposés à des risques particuliers dans leur pratique (urgences, gestes techniques, etc.).