Réforme de l’assiette des cotisations sociales
Depuis la déclaration des revenus 2025, faite au printemps 2026, vos cotisations sociales et votre CSG-CRDS sont calculées sur une seule et même base. Ce qui change pour le chirurgien-dentiste libéral.
Une assiette unique, un abattement de 26 %
Jusqu’ici, deux bases coexistaient : les cotisations étaient calculées sur le bénéfice (BNC), tandis que la CSG-CRDS l’était sur ce même bénéfice augmenté des cotisations sociales. La réforme, prévue par la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2024 et précisée par le décret du 5 juillet 2024, les remplace par une assiette commune :
- on part du revenu professionnel (recettes moins charges d’exploitation), sans déduire les cotisations sociales personnelles ;
- on applique un abattement forfaitaire de 26 %, calculé automatiquement par l’Urssaf ;
- cet abattement ne peut être inférieur à 1,76 % ni supérieur à 130 % du plafond de la Sécurité sociale, soit entre 845,86 € et 62 478 € en 2026.
Exemple : pour un revenu professionnel de 70 000 €, l’abattement est de 18 200 € et l’assiette sociale de 51 800 €.
Moins de CSG, plus de cotisations « utiles »
L’objectif affiché n’est pas d’alourdir les prélèvements mais d’en changer la répartition : la part de CSG-CRDS diminue, celle des cotisations qui ouvrent des droits augmente. La cotisation de retraite de base passe ainsi de 8,23 % à 8,73 % dans la limite du plafond de la Sécurité sociale (48 060 € en 2026). Selon votre niveau de revenu, le total peut toutefois légèrement varier, à la hausse comme à la baisse.
Calendrier et trésorerie
La nouvelle assiette s’applique d’abord à la régularisation des cotisations 2025, calculée après la déclaration de revenus du printemps 2026, puis aux cotisations provisionnelles 2026 et suivantes. La régularisation et l’ajustement des échéances 2026 tombent sur la même période : un écart important peut peser sur la trésorerie du cabinet. Provisionner chaque mois sur un compte dédié reste la meilleure parade.
Et votre prévoyance ?
Le revenu qui sert de base aux cotisations n’est pas celui que vous devez protéger : vos contrats de prévoyance (indemnités journalières, invalidité) doivent rester calés sur vos revenus réels et sur vos charges fixes. C’est le bon moment pour vérifier que vos garanties suivent l’évolution de votre activité.
Sources : urssaf.fr, « Réforme de l’assiette sociale et du barème des cotisations sociales » ; service-public.gouv.fr (Entreprendre), actualité du 20 avril 2026 ; décret n° 2024-688 du 5 juillet 2024 (Légifrance).



